Les coûts de la qualité et de la non qualité en ESSMS

Les coûts de la qualité et de la non qualité en ESSMS

La qualité, comme la non‑qualité, engendre des coûts pour l’organisation, notion largement reconnue dans les approches de management de la qualité, notamment au sein des référentiels normatifs internationaux tels que la norme ISO 9001 relative aux systèmes de management de la qualité. Les coûts de non‑qualité résultent de dysfonctionnements organisationnels et opérationnels et se répartissent en deux catégories.


La non‑qualité interne

Elle correspond aux dysfonctionnements propres à l’établissement qui n’affectent pas directement les résidents, mais génèrent des pertes économiques, telles que le gaspillage de matériel, de produits d’hygiène, alimentaires ou de soins.


La non‑qualité externe, quant à elle, est liée à l’insatisfaction des résidents et peut avoir des conséquences importantes en matière de sécurité, de fiabilité des prestations et de surcoûts financiers. Cette distinction est cohérente avec les approches proposées par la norme ISO 9004, qui met l’accent sur la performance globale et la satisfaction des parties prenantes.


À l’image d’un iceberg, les coûts visibles de la non‑qualité, tels que les déchets ou les réclamations, ne représentent qu’une part limitée du phénomène. Les coûts cachés, plus difficiles à identifier et à quantifier, incluent notamment la perte de fidélité des résidents et des fournisseurs, la dégradation du climat social, l’augmentation du turn‑over, les conflits liés à l’organisation du travail, les risques de non‑conformité réglementaire, ainsi que l’augmentation des coûts administratifs. Ces éléments sont régulièrement soulignés dans la littérature relative au coût global de la qualité.


Dans le secteur médico‑social, ces enjeux prennent une dimension particulière au regard du dispositif d’évaluation de la Haute Autorité de Santé (HAS) applicable aux Etablissements et Services Sociaux et Médico-sociaux (ESSMS). En effet, le référentiel HAS repose sur une logique d’évaluation continue de la qualité des accompagnements, centrée à la fois sur la sécurité des personnes, le respect de leurs droits, la qualité des pratiques professionnelles et la gouvernance des établissements. Les situations de non‑qualité, qu’elles soient internes ou externes, peuvent ainsi avoir un impact direct sur les résultats de l’évaluation, en révélant des écarts aux exigences attendues en matière de bientraitance, de gestion des risques ou d’organisation des soins.

Par ailleurs, l’évaluation HAS met l’accent sur la capacité de l’établissement à identifier, analyser et corriger les dysfonctionnements, ce qui rejoint les principes d’amélioration continue et de prévention des non‑conformités inscrites dans la norme ISO 9001. L’absence de maîtrise des coûts de non‑qualité peut ainsi traduire une insuffisante structuration des processus internes, susceptible d’être mise en évidence lors de l’évaluation externe.


Leviers d’amélioration au regard des exigences HAS

L’amélioration de la qualité repose prioritairement sur l’anticipation des dysfonctionnements, notamment par la formation et la responsabilisation des équipes. Le développement d’une culture qualité, encore partiellement maîtrisée par les professionnels, constitue un levier central pour répondre aux attendus du référentiel HAS, qui valorise l’implication des équipes dans les démarches d’évaluation et d’amélioration.

Le renforcement des audits qualité internes, en cohérence avec les recommandations de la norme ISO 19011, apparaît également comme un outil structurant. Ces audits permettent d’objectiver les pratiques, d’identifier les écarts et de formaliser des actions correctives, en amont de l’évaluation HAS.

Enfin, le recours à des référentiels sectoriels et à des accompagnements externes peut contribuer à aligner la démarche qualité de l’établissement avec les exigences de la HAS, tout en limitant les coûts liés à la non‑qualité. Dans cette perspective, l’évaluation HAS peut être envisagée non comme une contrainte, mais comme un levier stratégique de pilotage de la qualité et de maîtrise des risques.


La maîtrise des coûts de la qualité et de la non‑qualité constitue un enjeu stratégique majeur pour les ESSMS, tant sur le plan économique que sur celui de la qualité des accompagnements. Les situations de non‑qualité, qu’elles soient internes ou externes, génèrent des coûts visibles et cachés susceptibles d’affecter la performance globale de l’établissement, la satisfaction des résidents et le climat professionnel. À cet égard, le dispositif d’évaluation de la Haute Autorité de Santé s’inscrit dans une logique convergente avec les référentiels de management de la qualité, en mettant l’accent sur l’amélioration continue, la gestion des risques et l’implication des équipes. L’évaluation HAS apparaît ainsi non seulement comme un outil de contrôle, mais comme un levier structurant de pilotage de la qualité, permettant de prévenir les dysfonctionnements, de limiter les coûts de non‑qualité et de renforcer durablement la qualité des pratiques professionnelles au sein des ESSMS.

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